The Paris Flea Markets - Saint Ouen
Dans les années 1880-1900, quand on sort de Paris
par la Porte de Clignancourt, on longe tour à tour
le glacis des fortifications, les cités de chiffonniers,
puis les baraques foraines et les guinguettes au
milieu des champs et des jardins maraîchers.
C’est sur cette toile de fond très disparate,
sur ce « passage » entre la capitale et la commune
de Saint-Ouen, que les Puces vont élire domicile…
L’histoire des Puces remonte à plusieurs siècles. Elle se
confond avec celle des chiffonniers, ce peuple de l’ombre
installé aux portes de la ville, au pied des « fortifs ».
Appelés « biffins », « chiftires », « crocheteurs » ou plus
poétiquement « pêcheurs de lune », les chiffonniers
parcouraient la ville la nuit à la recherche de vieux objets
jetés aux ordures qu’ils revendaient ensuite sur les marchés.
Souvent associés aux habitants des « cours des miracles »,
les chiffonniers sont chassés de Paris par de nouveaux
édiles à la fin du XIXème siècle.
Ils passent alors par petits groupes de l’autre côté des
fortifs et s’installent près des portes de Montreuil,
de Vanves, du Kremlin Bicêtre et de Clignancourt.
Peu à peu, certains « crocheteurs » plus astucieux que
les autres deviennent brocanteurs à leur compte.
Ceux qu’on appelle déjà les « puciers » décident de
s’associer. Bientôt, les parisiens viennent découvrir des
étalages d’objets hétéroclites disposés à même le sol
au delà de la barrière de Clignancourt. De fil en aiguille,
le nombre des curieux augmente, celui des marchands
aussi. Une mode est lancée attirant, parmi la foule
chapeautée du dimanche, des mondains collectionneurs
en guêtres immaculées qui viennent chiner autour des
étalages de bric-à-brac. Le marché aux Puces est né…
On situe entre 1880 et 1890, le
début d’un marché à la ferraille
régulier qui réunit le dimanche
pas moins de 130 marchands.
Mais c’est l’année 1885 qui
marque la naissance officielle
du marché aux Puces. La ville de
Saint Ouen se mobilise pour
assainir et sécuriser le quartier.
Les horaires des différents
marchés de la ville sont régularisés.
Des travaux d’aménagement sont mis en place : les rues
sont pavées, des trottoirs sont installés sur les grandes
artères pour faciliter et mieux organiser l’installation des
marchands. Désormais, les puciers doivent s’acquitter
d’un droit de stationnement pour exercer leur activité.
En 1901, un plan d’urbanisme soumis au Conseil municipal
prévoit l’ouverture d’un marché aux Puces à l’angle de la
rue Marceau et de la rue des Rosiers. Le marché aux Puces
est consacré par les cartes postales et plusieurs journaux
commencent à donner des reportages pittoresques sur la
« Foire aux Puces de Saint-Ouen ».
Au sortir de la Porte de Clignancourt, le long de l’avenue
Michelet et sur les chemins des Malassis, le promeneur
découvre un marché mi-champêtre, mi-urbain où se
côtoient étalages des puciers et baraques de forains qui
vendent du neuf.
Peu à peu, les petits marchés se développent et attirent
un grand nombre de chineurs. L’idée de regrouper les
marchands dans un espace cohérent et organisé ne tarde
pas à s’imposer.
Vers 1920, au lendemain de la
Grande guerre, Romain Vernaison,
propriétaire d’un terrain entre
l’avenue Michelet, la rue des
Rosiers, et la rue Voltaire, décide
d’installer sur ce vaste espace de
9000 m2 des petites baraques
préfabriquées pour les louer aux
brocanteurs et aux chiffonniers
de la zone. Le premier marché
est né…
Un peu plus tard, un certain Malik,
que l’on dit prince albanais, achète
le vieux restaurant A Picolo dans
la rue Jules Vallès. A l’instar de
Romain Vernaison, il aménage à
cet emplacement un marché d’une
centaine de stands bientôt baptisé Marché Malik.
On y vend surtout des fripes, des vieux uniformes,
des casques, des appareils photos…
En 1925, la démolition des fortifs est presque achevée.
Fidèles à Saint-Ouen, une association de brocanteurs
investit le Champ des Rosiers pour installer un troisième
marché : le marché Biron. Deux cents stands sont
alignés en double rangée le long d’une allée qui s’étire
jusqu’à l’avenue Michelet et revient sur elle même en
formant une longue épingle à cheveux. La « cité Biron »
deviendra vite le marché « distingué » . On y trouve des
meubles anciens de qualité, des bois dorés, de la verrerie,
des faïences…
L’extension des Puces se poursuit avec en 1938,
l’ouverture du marché Jules Vallès.
Après la Libération, on fixe les jours d’ouverture aux
samedis, dimanches et lundis. Les commerces locaux
sont rachetés par des antiquaires, brocanteurs ou
artisans qui s’implantent autour des marchés organisés.
Au fil des années, le secteur se développe et de
nouveaux marchés voient le jour pour composer le
marché d’antiquités de référence que l’on connaît
aujourd’hui…
Les Puces de Paris Saint-Ouen ont fêté leur centenaire
en 1985…
Réparties sur 7 hectares, elles représentent aujourd’hui
le plus grand marché d’antiquités au monde. Elles
accueillent chaque week-end de 120 000 à 150 000
visiteurs venus du monde entier pour dénicher des
objets rares.
Devenues un lieu de promenade incontournable des
parisiens ou des touristes de passage, on y flâne à la
recherche d’un objet précis ou pour le simple plaisir
de la chine…
Marché Vernaison
Marché Malik
Marché Biron
Marché Jules Vallès
Marché Paul Bert
Marché Cambo
Marché Serpette
Marché Malassis
Marché Antica
Marché des Rosiers
Marché l’Usine
Marché l’Entrepôt
Marché Dauphine